vendredi 24 mai 2013

Transgenre, transsexualité, deux romans jeunesse qui en parlent.


 L'idée de cette chronique a commencé avec la lecture du roman d'Hervé Mestron, Le choix de moi, paru chez Oskar Editeur en janvier dernier. "Alors, votre bébé, c'est une petite fille ou un petit garçon ?". Je l'ai lu. Vite, assez vite. Il est court, rythmé, bien construit. Je venais tout juste de le lire quand j'ai rencontré Jean-Noël Sciarini au Salon du Livre de Paris. Il me parle de ses romans,  je m'arrête sur Le Garçon bientôt oublié qui traite du transgenre parce que l'association se fait assez vite, je chroniquerai les deux romans en même temps. Un plus court pour les pré-ados / ados. Un plus long, plus rude plus complexe pour les ados-adulescents. Et puis quel plaisir à la lecture. En découvrant la plume de Jean-Noël, j'ai découvert une plume. Une bonne plume. Une très bonne plume. 
Le sujet est sérieux, son livre est sombre - contrairement à l'histoire d'Hervé Mestron plus douce et pleine d'espoir - mais son écriture a cette fâcheuse tendance à vous emporter directement. Fâcheux, c'est quand on est dans le train ou dans le métro, arrivé à bon port, et qu'il faut y aller, là, madame, vous devez partir, on est en gare. 
Emportée directement. C'est ce qu'il s'est passé pour moi, alors j'en ai parlé autour de moi, sans vous en parler à vous. Je vous l'avoue. Et justement, en échangeant avec Gabriel de l'incontournable blog La Mare aux Mots, l'idée a germé de vous proposer un regard croisé sur le roman de Jean-Noël Sciarini, et finalement une chronique croisée sur la thématique de la transsexualité puisque Gabriel vous présente également  Mon frère ma princesse de Catherine Zambon ( Iciquand je vous propose la lecture de...  

Le choix de moi d'Hervé Mestron
" ça ne va plus depuis un moment. L'impression d'être à côté de ses pompes. Dominique a essayé d'en parler. Mais il est difficile de formuler, surtout à sa mère, ce que l'on n'arrive pas à se dire à soi-même". Dès ces premières pages, on ne sait pas pourquoi Dominique ne se sent pas bien. C'est en continuant, en lisant de manière croisée les sentiments de mal-être de l'adolescent, et les descriptions faites de son instrument, il est musicien, que tout se dessine par la métaphore. "Dominique se souvenait qu'il avait parlé de l'alto comme d'une personne : "ange, androgyne, au timbre voilé, ambigu, pouvant arracher le cœur du public". Et c'est un instrument qu'il embrasse, dès le plus jeune âge, et dont il joue pour la plus grande fierté de sa mère. Alors quand un jour, son corps se bloque, se tend, refuse d'en jouer, on sait que le nœud arrive. Le nœud dans la gorge, le nœud de l'histoire, c'est l'expression physique du mal-être de l'adolescent qu'il ne comprendra que plus tard, en cheminant, en se remémorant les troubles et les événements de son enfance, en veillant sa mère gravement accidentée à l'hôpital. " Et cette envie qui lui prenait de s'arracher la peau, de brûler son nom. (...) et son incapacité à comprendre ce qui se passait en lui, à se demander s'il était bien normal de remettre en cause la question de qui il était : fille ou garçon". 

Elle, sa maman, est dans le coma, il commence à devenir elle, l'autre son autre. Une elle qui était enfouie, cachée, bloquée. Et si la situation se débloquait. Une, enfin plusieurs même, notes d'optimisme, une et peut-être même plusieurs réconciliations. Entre l'enfant et sa mère, l'ado et l'alto, l'ego et l'ego. Un beau roman mené avec finesse par Hervé Mestron qui aborde hermaphrodisme et transgenre avec simplicité. Les deux termes sont par ailleurs expliqués à la fin du roman Gérard Fedmann, professeur de médecine émérite. Le petit plus pédagogique chez Oskar Edition.
Le choix de moi d'Hervé Mestron, Editions Oskar, collection court métrage, janvier 2013 - 5 € - à partir de 12 ans. 

Le garçon bientôt oublié de Jean-Noël Sciarini.  "J'ai parfois pleuré comme une fille, et je me suis battu comme un garçon. Le contraire tout autant. Boy's don't cry ou girls juste wanna have fun, est-ce cela le contra pour être toléré et apprécié , dans la cour de récré , puis accepté dans la cour des grands ? Faut-il vraiment choisir son camp ?". Extrait du journal intime de Toni Canetto, 16 ans ou presque et d'un genre plutôt incertain.  Et certain par contre de ne pas savoir qui il est, excepté peut-être "un type vraiment bizarre" en quête de lui-même. Plutôt en quête de l'amour, en quête d'une chanson qui lui permettait de se trouver lui. Mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond ? La question est tournée, retournée dans tous les sens. Tony fait des classeurs, archive, se documente, un peu sur lui, beaucoup sur les autres, pour se trouver ou se retrouver. "Je suis perdu". Quand il laisse enfin entrer "quelque chose dans [sa] vie. La musique." il pense que le jour où il trouvera son titre, il comprendra son histoire personnelle, il capturera son identité. C'est Antony and the Johnsons. "For today I'm a boy (...). One day, I'll grow up, I'll be a beautiful woman" qui  fait déclic. La chanson révélatrice celle qui lui fera parcourir des kilomètres pour tenter d'approcher l'interprète. Comme si cette chanson pouvait changer sa vie. Et si elle le faisait vraiment. S'il comprenait enfin que derrière une apparence masculine, il est en réalité une fille ? Et puis il y a Laura. "Je ne connais même pas la nature des sentiments qui me portent vers Laura.  (...). J'imagine que lorsque mes lèvres seront contre les siennes, je le saurai. Ce n'est pas plus compliqué que ça". A moins que le premier baiser ne soit une gifle et ses premiers mots d'amour des insultes ? Et si les baisers et les princesses n'existaient pas ? Et s'il fallait fuir ? Fuir la maison, fuir ce corps partagé entre une fille et un garçon, fuir ce monde où personne ne le reconnaît "pauvre taré!". Et s'il n'y avait pas de solution ? A part peut-être celui de devenir oiseau ? Et si ce livre si sombre dont l'histoire expose avec talent le cheminement complexe d'un adolescent en mal de ce qu'il est n'était pas tout à fait un livre pour adolescents ? C'est une des question que j'ai voulu poser à son auteur, Jean-Noël Sciarini en refermant ce roman et en ravalant ma salive. 
#coup de coeur !
*** Interview *** Interview *** Interview *** Interview *** Interview ***

Une rencontre au Salon du livre de Paris en mars dernier, puis la lecture de ce roman que Jean-Noël Sciarini m'a offert, et voilà comme une envie de lui poser quelques questions...

Comment t'es venue l'idée de traiter de ce sujet ? Antony and the Johnsons dont le prénom du personnage principal est tiré ?  
Ce fut une succession de signes qui s’imposèrent à moi et me donnèrent l’impulsion de commencer ce roman (car il s’agit toujours d’une sorte d’impulsion, quelque chose comme une tension à soulager, bien plus qu’une envie – et passée cette première étape, le plaisir de l’écriture est là, bien sûr !). Parmi ces signes, il y eut, en effet, une chanson d’Antony and The Johnson (artiste que j’appréciais déjà avant, mais sans plus) qui me bouleversa, elle s’appelle Another world, et qui fut le déclencheur de l’écriture du roman.

En quoi Le Garçon Bientôt oublié est-il un roman jeunesse ? 





C’est une question difficile, à laquelle je ne suis pas certain de pouvoir répondre. Ce qui est certain, c’est que je ne me pose jamais la question de savoir si je vais ou suis en train d’écrire un roman jeunesse. On m’a déjà fait remarquer que certains de mes romans se situaient à la frontière entre littérature générale et jeunesse. L’âge des protagonistes est, c’est certain, un facteur évident installant de fait mes romans dans le paysage de la littérature jeunesse, mais au-delà de ça j’imagine que, pour ce roman en particulier (mais cela vaudrait aussi pour tous les autres), les thématiques abordées l’inscrivent dans la littérature jeunesse : la recherche d’identité, l’individuation, le sentiment d’être différent, le sentiment qu’une chanson puisse changer une vie (chose qui nous paraît sans doute, une fois devenu adulte, tout à fait stérile – et cela est bien triste je trouve). 

Comment s'inscrit-il dans ton travail ? Par rapport à toi, par rapport aux autres romans que tu as écrits ? 
Il me paraît, aujourd’hui encore, difficile à expliquer la place qu’occupe ce roman au thème aussi particulier dans mon travail. Disons simplement qu’au-delà du thème saillant du roman – le transsexualisme −, celui-ci évoque des thèmes que je n’ai cessé, depuis, d’explorer : l’inadéquation au monde, l’importance de l’art (qu’il soit majeur ou mineur, littérature ou pop music), la solitude, le regard des autres sur nos différences, etc.

Pourquoi cette omniprésence de la musique ? Ton lecteur doit-il avoir des airs dans la tête quand il te lit ? Ecris-tu dans le silence ou dans un bain de sons ? 

Déjà, la musique a toujours été omniprésente dans ma vie. La lecture, l’amour des livres, sont venus très tard (vers 18, 19 ans) mais la musique, aussi loin qu’il m’en souvienne, a toujours été là, jouant de multiples rôles : catalyseur ou révélateur d’émotions ; médium de partage, de rencontre avec les autres, elle eut un rôle consolateur et fut un marqueur des événements, heureux ou malheureux, jalonnant ma vie. C’est sans doute pour cela qu’elle est encore aujourd’hui si présente, non seulement dans ma vie mais aussi dans mes livres. Quand j’ai commencé à écrire, je ne pouvais le faire sans écouter de musique. Elle était un moyen magique d’accéder à mon imaginaire et à mes émotions, et donc à l’écriture. Aujourd’hui, il m’arrive de m’en passer, puisque je commence à maîtriser un peu mieux les clés de mon imaginaire et de mon inspiration, disons que je peux y accéder plus facilement ! Malgré tout, elle reste importante dans mon écriture. Toutes les références musicales contenues dans mes livres sont, idéalement, destinées à être découvertes par mes jeunes lecteurs, tout simplement parce que lorsque j’étais adolescent, les artistes que j’admirais étaient bien souvent d’excellents prescripteurs (soit directement à travers leur travail, soit dans leurs interviews), j’avais envie de découvrir les chansons ou les livres dont ils parlaient si bien, je voulais comprendre comment cela avait pu influencer leur travail, et façonner ce qu’ils étaient devenus. En tant qu’artistes et en tant qu’être humain. Bref, j’aime cette idée d’être un passeur, l’idée qu’un lecteur qui n’aimerait pas mes livres puisse découvrir les chansons d’Antony and the Johnsons ou de Nick Drake, les poèmes de Fernando Pessoa ou les livres de Georges Perec (je fais ici référence à mes autres romans), m’enchante et me console ! Mais attention, je ne suis pas un saint désintéressé, à tout prendre, je préférerais tout de même qu’il aime beaucoup mes livres !



Quand on a lu Le garçon bientôt oublié de Jean-Noël Sciarini, on enchaîne avec lequel de ses romans ?
Je conseillerais Les disparitions d’Annaëlle Faier qui pourrait être le pendant ludique, extraverti et aérien (et c’est aussi mon roman le plus spécifiquement adolescent par ailleurs) du Garçon bientôt oublié, un roman assez sombre. Ou alors ce pourrait être Tarja, qui est mon roman – déjà publié - favori. Il est paru chez La Joie de Lire, et est plutôt destiné aux jeunes adultes (15-25 ans). Quant à mon roman encore non publié favori, il s’agit d’un Médium qui paraîtra chez L’Ecole des loisirs fin 2013 ou début 2014 je pense, dont le titre n’est pas encore déterminé. Il s’agit je crois, à ce jour, de mon roman le plus abouti, et j’ai hâte de le voir paraître ! Sinon pour les lecteurs ados très romantiques, je conseillerais mon premier roman Nous étions des passe-muraille, une histoire d’amour entre une jeune adolescente anorexique, qui est internée dans un institut psychiatrique, et Jean, une sorte de géant un peu pataud, qui va tout faire pour l’aider à s’évader et pour la sauver de sa maladie. Pardon, j’ai un peu triché …puisque j’ai finalement cité tous mes romans ! 

Le garçon bientôt oublié de Jean-Noël Sciarini, Editions l'école des loisirs, collection medium, mars 2010 - 10 €

jeudi 23 mai 2013

BZZZZ dans les petites zoreilles...

... De p'tit Poi(d)s qui ont décidé de ne pas bien fonctionner. Alors avec Grenouille Petite Sœur  on leur fait un pied de nez au sucre à ces petites oreilles pas cool. Et pour le petit goût salé, la petite larme à ravaler, et bien on la ravale, comme la façade. Et se met des paillettes sur les paupières, du pétillant dans les yeux, pour encourager son grand frère, mon grand garçonnet, et lui dire qu'on sait très bien qu'il saura parfaitement se débrouiller, appareillé.  C'est forcé !

mercredi 22 mai 2013

Petits pas petits...

 A tout moment, à chaque instant, quand on est petit tout petit, il y a ces premières fois... 


La première fois que je suis née de Vincent Cuvellier et Charles Dutertre.  Y a t-il des livres dont on peut devenir amoureux ? Peut-être. Il y a des textes très beaux, et celui de Vincent Cuvellier qui signe ce titre l'est. Construit sur l'émotion, la surprise des premières fois avec la simplicité des images et des description, l'auteur s'approche du phrasé naturel que pourrait utiliser un jeune enfant. 
Un effet qui prend sens et qui résonne chez le lecteur adulte, comme chez l'enfant. Et c'est ce qui fait le style si particulier de Cuvellier renforcé par les La première fois que je suis née, qui raconte cette petite file qui évolue sous le trait de Charles Dutertre qui illustre avec humour et finesse le dit et le non dit. L'album est à lire et à relire, à regarder, à rire et à sourire à n'importe quel âge ou presque. Du moment de la première naissance jusqu'à la seconde ; du bain, à la découverte du monde, du vélo sans petites roulettes, aux étoiles filantes et aux chouettes mouettes ; du soutien-gorge trop grand à la toute première fois, celle des amoureux, du premier lardon, au premier baiser, en passant par Candice Muriaccelli parce qu'on a tous en tête, dans le fin fond de nos souvenirs, une Candice Muriaccelli dans la cours de récré de maternelle ou de primaire et qu'on est tous un petit peu cette petite fille qui voit le jour, le prendra, le donnera à son tour...  Il ne laissera personne insensible, c'est sûr. ***Coup de coeur***

Les premières fois de Catherine Dolto, Colline Faure-Poirée et Frédérick Mansot. De la naissance, aux premières sensations, de ces premières fois qui marquent le développement du nourrisson jusqu'au premier anniversaire, ce "petit Dolto" marque page après les grandes étapes qui jalonnent les premières années d'un enfant, celles qui font dire à ses parents, "comme tu grandis". Le pot, les premiers pas, l'école, la lecture... Et puis il y a ces premières fois "qui comptent beaucoup pour nous. Les premières fois qu'on a ouvert une porte tout seul (...)". Et puis il y a ces déceptions, les premières et les suivantes : "Il y a des premières fois qui sont difficiles à supporter, par exemple quand on découvre que les grandes personnes ne savent pas tout et peuvent se tromper". Un album bien conçu pour comprendre ce que cela veut dire, grandir.


Les références 

* La première fois que je suis née de Vincent Cuvellier, illustrations de Charles Dutertre, Editions Gallimard Jeunesse, Collection Giboulée - Existe en album (2007) et dans la collection poche L'heure des histoires (2010) - 4,80€ - à partir de 3 ans.
L'avis de Gabriel de La Mare aux  mots : Ici 

* Les premières fois de Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée, illustrations de Frédérick Mansot, Editions Gallimard Jeunesse, Collection Giboulées, Mine de Rien - février 2013- 6,10 € - à partir de 3 ans. 

mardi 21 mai 2013

Naissance imminente... Ecoute battre mon (coup de) cœur !

Quand les aînés attendent et que les parents sont à la maternité 


Requin-baleine

ou comment naissent les petits frères, les petites soeurs et les étoiles filantes

" Je pense à Maman. J'ai du mal à l'imaginer en ce moment, à me faire une image d'elle et de la salle d'accouchement. J'ai du mal à réaliser que dans quelques minutes ou dans quelques heures, mon frère ou ma soeur va sortir du ventre de Maman". 
Maud attend, laisse passer le temps, plus ou moins devant la télé, devant un documentaire sur le requin-baleine. Elle est chez sa grand-mère, la mère de la sienne. Et le téléphone sonne. " C'est encore papa. Il a déjà téléphoné il y a une heure, pour dire que Maman va bien, que les contractions sont de plus en plus proches". Maintenant, c'est sûr, la naissance est pour cette nuit. La petite fille a sommeil, il est tard, il fait nuit. Une nuit de juillet. Elle sort pourtant dans le potager, bientôt suivie de sa grand-mère. L'attente, toujours de cette naissance imminente. Si proche et en même temps si loin. Un feu de bois, deux fauteuils pliants, les étoiles pour ciel. L'attente toujours. La peur un peu aussi. L'inquiétude. La naissance va-t-elle bien se passer ?  C'est une nuit exceptionnelle pour la famille. Pour Maud et sa grand-mère, c'est l'occasion d'échanges et de partages, d'émotion, de discussions philosophiques même, douces et poétiques. Transmission intergénérationnelle. 
" Tout à l'heure, le téléphone va sonner. Les planètes s'écarteront un peu (...). Alors mon frère ou ma soeur sera né. L'univers s'agrandira pour lui laisser sa place. Et dans mon ventre, il y aura un sourire comme une étoile filante". 
Un tendre histoire d'Alex Cousseau illustrée en mode gros crayons et bichromie par Aurélia Grandin qui adopte parfaitement l'univers de la collection Trimestre chez Oskar, Requin-Baleine reçoit sans hésitation un *** coup de coeur ***
Requin-baleine ou comment naissent les petits frères, les petites soeurs et les étoiles filantes d'Alex Cousseau, illustré par Aurélia Grandin, Oskar Jeunesse Editions, collection Trimestre - à partir de 5 ans - 12,95 € 

Du côté des chroniqueurs d'A l'Ombre du Grand Arbre, retrouvez la chronique de Méli-Mélo des livres Ici -


Petits Minus

"Voilà, ça y est". C'est son papa qui est venu le lui dire, à la sortie de l'école. ça y est quoi ? " Numéro 2" "Petit Krado" "Minus" est arrivé. Il est né. Sauf que... Notre petite roussette coquette, notre petite frimousse rousse aux yeux tout petits arrondis, aux joues blushées par l'hiver à moins que ce ne soit par les (c)rayons de couleur de Cécile Vangout, sa maman illustratrice, notre petite fille haute comme trois pommes, comme une aînée de 3-4 ans, celle qui à la robe assortie à ses bottons de février, elle ne les aime pas, elle, les bébés. "Je trouve que ça fait du bruit et que ça sert à rien". Il paraîtrait même que "ça bave".Enfin, c'est sa copine Fifi qui le lui a expliqué. Elle a l'expérience d'avoir une petite soeur d'un "âge minuscule". Alors, elle sait bien, c'est forcé. Allez en route pour la maternité. Sur la route avec papa, page de droite, quand à gauche, la petite fille se souvient des grandes étapes de ces mois passés : de l'annonce, au choix du prénom, en passant par la décoration de la chambre. "C'est long, quand même, neuf mois ! ça n'arrive pas 'vite, vite' du tout". Un peu piquante, très  bien écrite par Séverine Vidal, qui donne la parole à une toute jeune grande soeur qui se demande quand même ce qu'il va se passer pour elle à présent que le bébé est arrivé. Une pointe de jalousie, un zeste d'espièglerie, beaucoup de tendresse, et au final, un grand sourire, non des grands sourires avec cette première rencontre avec le bébé à la maternité. Petit Minus réalisé avec goût, fraîcheur, douceur, couleur et poésie par un duo illustratrice / auteure qui s'est parfaitement trouvé, c'est un grand grand ***coup de coeur*** pour le blog Maman Baobab. Bravo ! 



Petit Minus de Séverine Vidal, illustré par Cécile Vangout, Editions L'Elan Vert, collection Les petits M, janvier 2013 - 11,20€ - à partir de 3 ans.

Retrouvez la chronique de Gabriel de La Mare aux Mots Ici et celle de Bouma

lundi 20 mai 2013

Œillade d'oeillets

Il y a une couleur très rouge qui donne envie de faire des photos. 
Un peu comme avant, quand je faisais beaucoup de photos. 

dimanche 19 mai 2013

Tag du dimanche



Deux Liebster awards dans ma boîte. Il est temps que je prenne le temps justement d'y répondre. Lancé pour permettre aux internautes de découvrir de nouveaux blogs, le Liebster award est donné aux blogs qui ont moins de 200 abonnés. Ce qui est le cas de celui-ci. Encore que... A quelques pas d'atteindre les 300 fans sur Facebook, page que vous pouvez rejoindre ici si vous n'y êtes pas abonné(Es), j'ai plaisir à avoir plus de 3700 visites par mois. Vous pouvez aussi suivre le blog via Google en vous abonnant via la fenêtre que vous trouverez en marge à droite de la page et par Hellocoton.

En quoi consiste ce tag ?
- il faut écrire 11 faits sur son blog et/ou sur soi
- répondre aux questions des personnes qui vous ont tagué
- poser 11 questions à 11 blogueurs à taguer. Et les en informer sur leur page.

De mon côté, c'est Hérisson de Délivrer des Livres et Pépita de Méli Mélo des Livres qui m'ont taguée.

Let's go...

(1) Le blog Maman Baobab a vu le jour il y a plus d'un an et demi. (2) je l'ai créé pour raconter, chroniquer, pour continuer à écrire. (3) Il s'agissait aussi de garder le lien avec mon métier précédent, journaliste (4) auquel j'ai dû renoncer après un licenciement économique (5) ah non, deux, voire trois même (6) et pour des raisons familiales aussi (7). J'exerce actuellement un métier qui n'a rien à voir mais qui me permet de gérer au mieux et de manière stable ma petite famille bancale (8) mais c'est une vraie frustration (9) et je ne suis pas sans penser à moyen terme à revenir à mes premiers amours pros (10) ou pourquoi pas me mettre à écrire des livres.... Pour enfants, forcément (11). 

Les 11 questions de Hérisson :
1/ Pourquoi avoir choisi ce titre pour ton blog / pseudo ?

Parce que quand on est maman solo, il faut avoir les racines un peu solides et un tronc qui ne fasse pas mine. Le baobab, arbre de vie, tout un symbole. 

2/ Quel livre as-tu le plus relu ?
Petite j'étais une dévoreuse de livres. Mais je n'en avais pas beaucoup et surtout pas assez. Du coup, j'ai lu et relu les livres de ma bibliothèque "rose" des dizaines et des dizaines de fois. Un livre en particulier, je ne pense pas, car je faisais des séries complètes. Donc je vais dire une auteure, La Comtesse de Ségur, c'est ce qu'on m'offrait quand j'avais une huitaine d'années. Et puis quand au collège, j'ai eu accès au CDI, j'ai plutôt joué à lire les oeuvres complètes de tel ou tel auteur plutôt que lire et relire les mêmes romans (enfin pas au-delà de trois ou quatre fois). Mais j'ai craqué pour Harry Potter cependant et me suis enfilé la série complète à chaque nouvelle sortie... Du coup, il me semble bien connaître le premier tome !
3/ Le premier livre lu tout seul dont tu te souviennes ?
La bibliothèque rose donc, Les petites filles modèles, ou de ces titres là... Et j'avais un gros livre de contes d'Andersen aussi qui ne quittait que rarement la proximité de mon lit. Le meilleur endroit pour lire. 
4/ Une adaptation ciné qui t’a plus plu que le livre ?
La délicatesse de David Foenkinos. La lecture du roman a été une grosse déception. 
5/ Si les zombies débarquent, que fais-tu en premier ? 
Je leur tire la langue.
6/ Que fais-tu quand tu termines un livre ?
S'il est bon je lis la 4e de couverture. S'il ne l'est pas aussi. D'un excellent livre, je relis l'incipit, voire le premier chapitre. Et ensuite j'envisage ma prochaine lecture. Exercice souvent difficile à faire quand le livre m'a plu car je n'aime pas quitter l'univers d'un bon livre.
7/ As-tu déjà écrit un roman, une nouvelle, un projet de fiction ?
Un roman ou une nouvelle, non. Des projets, j'en ai, oui.
8/ La dernière photo que tu as prise ?
Je crois que j'en prends à peu près tous les jours. Un oeillet rouge. Des oeillets rouges, plutôt. A moins que ce ne soit cette sucette pied !
9/ Chez toi la déco c’est plutôt… ?
Des livres dans toutes les pièces, il me semble. Pour le reste, il faudra venir...
10/ Tu écris comment à la main ? Patte de mouche, arrondi, pressé… ?
Petit, pressé, parfois joli d'autres fois non. Pas du tout. Mon écriture est représentative de mon humeur, je crois. Mais je ne prends plus le temps de m'appliquer.
11/ Propose-moi une lecture commune. Pas de date pour le moment, juste un titre et on verra bien!
Et bien je suis en train de préparer un article sur Le Garçon bientôt oublié de Jean-Noël Sciarini, voilà donc le titre que je  propose à Hérisson.

Les 11 questions de Pépita :
1. Si tu étais ...un animal ?
Un tigre... parce que je trouve cet animal fascinant et très photogénique.
2. Ton livre préféré entre tous ?
Je n'ai pas de livres préférés. Je n'en ai plus en tout cas. Il y a des livres qui ont marqué ma vie, mais ils sont plusieurs. 
3. Qu'évoque pour toi le mot "Bibliothèque" ?
Une grande frustration. Celle de ne pouvoir tout y lire !
4. Es-tu joueur (euse) ?
Jeux de société ou casino ? Jeux de société, oui. Carrément !
5. Quel est le regret que tu regrettes le plus ?
Heu, je regrette de ne pas comprendre tout à fait la question... 
6. Le plus important dans ta vie là maintenant ?
Mes enfants !
7. Ton style de musique ?
Joker... !
8. Ton plat préféré à manger ?
Il proviendrait de la cuisine asiatique
9. Ton plat préféré à cuisiner ?
La patouille. Un concept personnel qui consiste à vider frigo et placards dans une marmite. Souvent ça donne une soupe du dimanche soir. Tiens, on est dimanche soir. 
10. La chose que tu détestes le plus au monde ?
En ce moment ce qui me tape sur le système : les faux mecs de gauche. Limite je préfère un vrai mec de droite. Sinon, il y a l'hypocrisie, la condescendance, la malhonnêteté, les fourberies, l'injustice, le sexisme, et pas mal de trucs qui finissent en isme. En fait je vais m'arrêter là, parce que quand je commence, j'ai tendance à m'énerver un petit peu et pourtant, je suis quelqu'un d'à peu près calme. Ah et aussi, lire une notice et suivre scrupuleusement des consignes... Je ne sais pas dire si je déteste vraiment, mais ça m'agace. 
11. Ta résolution à tenir vraiment pour cette année ? 
J'hésite entre perdre trois kilos (mais il ne reste plus beaucoup de temps avant les promenades en maillot) ou finir d'écrire deux histoires commencées et leur trouver un ou une illustrateur/trice.


Donc mes 11 blogs sont...

Et mes 11 questions :
1. Pourquoi t'es-tu lancé dans la blogosphère ?
2. Quels sont tes tics (écrits) de langage ? Quels mots utilises-tu le plus dans tes chroniques ? 
3. Quel livre devrais - je selon toi impérativement lire (voire chroniquer)
4. Ton dernier coup de coeur ?
5. Un coup de gueule à pousser ?
6. Une recette immanquable à partager ?
7. Quelle est ta meilleure chronique publiée ?
8. Où pars-tu en vacances cet été ?
9. Quel(s) blog(s) suis-tu régulièrement ?
10. Quel(s) auteur(s) / illustrateur(s) ?
11. Prépares-tu tes billets à l'avance ?


Mission accomplie. Bonne nuit ! [Et arrêtez de me taguer, please, please :) ]

samedi 18 mai 2013

Parentalité adoptée, parentalité aussi !

Mes deux papas de Juliette Prachini-Deny et Marjorie Béal parle d'homoparentalité bien sûr, mais d'adoption aussi. Une autre façon de vivre parentalité et vie de famille. 
C'est le thème de cette chronique. 


L'orphelinat du bout du monde de Coralie Saudo et Emma.
" Au bout du monde, tout au bout du monde, Pépine et Pato, habituellement si joyeux, étaient désespérés. Ils avaient découvert qu'ils ne pourraient jamais avoir de bébé ensemble". Il faut dire que Pépine est une autruche et Pato un crocodile. Quand au hasard d'une promenade ils trouvent un œuf abandonné, ils n'hésitent pas une seconde à le mettre au chaud jusqu'à ce que le bébé pointe son nez. Un bébé quoi, au fait ? Ils ne le sauront qu'à sa naissance. Et le jour où la coquille craquelle et que petit bec de perroquet, les deux nouveaux parents sont émerveillés. "Un papa crocodile, une maman autruche et un petit perroquet : quel beau présage pour un monde coloré". Leur belle histoire fait le tour du monde des animaux. Entre ceux qui voudraient aussi adopter et ceux qui ne savent quoi faire de leurs oeufs, l'idée germe chez le couple de faire le bonheur de tous en construisant un orphelinat où "des animaux du monde entier arrivaient (...) pour adopter un ou plusieurs oeufs 'surprise' dont on ne savait jamais à l'avance ce qu'i en sortirait. Aucun parent ne s'arrêtait à ce détail : quel bonheur de pouvoir donner tout son amour à un petit!". Une histoire à destination des enfants de 3 - 5 ans, dont le charme et la douceur sont renforcés par les illustrations d'Emma qui nous offre de splendides paysages de peinture et de collages qui articulent astucieusement formes, coloris et motifs variés.

L'Orphelinat du bout du monde de Coralie Saudo et Emma, 
Editions Les P'tits Bérets, collection La tête sur l'oreiller, 2012 - 12,90

Retrouvez la chronique de Carole trois Etoiles Ici



Camille est adoptée de Véronique Delamarre Bellégo
Charlotte a 7 ans et vit avec sa famille à Singapour. Ses parents, son grand frère et sa petite soeur. Cette année, il y a 5 nouveaux dans sa classe, en CE1 A, au lycée français, dont une petite fille française d'origine chinoise, Camille. " Camille est adoptée (...). Elle me l'a dit ce matin à l'école pendant la récréation". 
" En fait la maman de Camille (...) n'a pas fait Camille avec une petite graine mais avec son coeur. Elle n'avait pas de petite graine dans le ventre, aussi elle ne pouvait pas faire de bébé". Notre petite narratrice narre l'histoire de sa nouvelle copine. L'adoption, la rencontre avec les associations, le temps d'attente, le voyage en Chine, l'orphelinat. " Voilà, c'est comme ça que Camille a été adoptée. C'est bien non ?". Avec des mots simples, un langage naturel, ce petit roman explique les origines, les liens qui se tissent entre les parents et les enfants, des liens qui sont tellement forts et exprimés que Charlotte qui vit avec ses parents biologiques en serait presque jalouse. Un goûter durant lequel les deux mamans et les deux petites filles vont se rencontrer permettra de la rassurer et de montrer que finalement, il n'y a "pas beaucoup de différences" entre l'amour porté par les deux mamans à leurs filles. "Adoptée ou non, qu'est-ce que cela change?". Un roman pédagogique pour aborder en toute simplicité l'adoption à destination des jeunes lecteurs de 6-8 ans. 

Camille est adoptée de Véronique Delamarre Bellégo, illustrations de Julie Faulque,
 Oskar Editions, janvier 2013 - 9,95 €